Un 6ème manifestant mort en Turquie

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Le gouvernement AKP doit rendre des comptes aux peuples de Turquie pour l’assassinat d’Ahmet Atakan

Le lundi 9 septembre, les jeunes à Antakya, à la frontière syrienne, se sont rassemblés pacifiquement comme tous les lundis pour demander que les assassins de leur ami Abdullah Cömert (22 ans) soient punis. Ce dernier est l’un des 5 manifestants qui avaient été assassinés lors de la grande révolte populaire qui a secoué la Turquie en juin et qui a fait progresser le mouvement démocratique du pays. Le gouvernement islamo-conservateur d’AKP n’a fait que réprimer d’une façon inouïe ces aspirations démocratiques de tout un peuple et porte la responsabilité irrémissible de l’assassinat de 5 jeunes. Celle-ci vient de s’alourdir avec l’assassinat d’Ahmet Atakan, un jeune militant de 22 ans qui ne voulait qu’une meilleure société.

Ce gouvernement réactionnaire a manifestement perdu confiance en soi et continue de réprimer sauvagement toute contestation sociale. C’est indigne d’un pays qui se dit démocratique et surtout d’un pays qui donne des leçons de démocratie à son voisin syrien. Depuis les premiers jours de septembre, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan tente d’étouffer chaque contestation, aussi pacifique soit-elle, pour éviter qu’elle ne prenne une dimension nationale. C’est ainsi que les étudiants à Ankara qui refusent qu’une partie du parc de leur Université (ODTU) soit détruite par le passage d’une autoroute, comme le souhaite la Municipalité AKP ; les Alévis qui refusent une politique assimilationniste menée par ce même gouvernement ont été sauvagement réprimés cette semaine. C’est dans un contexte d’intensification de mouvement social que le gouvernement turc a fait le choix d’intensifier encore une fois la répression et porte donc la responsabilité première du décès d’Ahmet Atakan.

Au lieu de prononcer des messages d’apaisements et de condoléances comme l’aurait fait tour gouvernement démocratique, AKP a commencé d’ores et déjà une campagne de propagande abjecte à travers les médias pour se disculper en prétendant qu’Ahmet Atakan est tombé d’un bâtiment. Cependant, les premières informations émanant de l’autopsie, mais aussi de nombreux médecins et de témoins ne laissent aucun doute quant à l’assassinat de celui-ci. Il s’agit bien de la capsule de la bombe lacrymogène tirée par la police avec une distance relativement proche et touchée à la tête du jeune qui est à l’origine de son décès.

Nous condamnons vigoureusement cette répression policière et affirmons notre pleine solidarité avec les aspirations démocratiques et légitimes des peuples et des jeunes de Turquie.

Nous demandons que ceux qui portent une lourde responsabilité dans l’ensemble de ces 6 assassinats, à commencer par le ministre de l’Intérieur, les préfets et les chefs des départements de sécurité d’Istanbul, d’Ankara, de Diyarbakir et de Hatay soient démis de leurs fonctions.

Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les conditions de cet assassinat et que les policiers qui ont tiré sur les manifestants soient lourdement condamnés.

Nous relayons l’exigence des forces démocratiques de la Turquie qui demandent l’interdiction des bombes lacrymogènes, qui sont à l’origine de nombreuses blessures graves.

Le gouvernement AKP devra arrêter de donner des leçons de démocratie à d’autres pays et cesser immédiatement de mener une guerre contre son propre peuple.

Fait à Paris, le 10 septembre 2013


DIDF-Jeunes