Les grèves de la faim en Turquie

Les grèves de la faim en Turquie sont le résultat de l’absence de solution politique à la question kurde. La question kurde est le problème politique le plus important de la Turquie, pourtant les conflits et l’absence d’une solution à cette question perdurent. Chaque jour, dans les zones rustiques de Turquie, des jeunes Turcs et Kurdes perdent leur vie dans des affrontements militaires. Et comme si cela ne suffisait pas, actuellement, les prisonniers politiques Kurdes en Turquie sont face à la mort. À l’heure actuelle, plus de dix mille prisonniers politiques sont détenus dans diverses prisons de Turquie et subissent sans cesse oppression et violence. Parce qu’ils sont Kurdes, parce qu’ils revendiquent des droits et des libertés démocratiques une identité et un statut pour le peuple kurde, et parce qu’ils veulent avoir le droit à l’éducation dans leur langue maternelle, ces prisonniers politiques n’ont même pas le droit à une défense dans leur propre langue. Dans 66 prisons, environ 700 prisonniers politiques kurdes ont décidé d’entamer un jeûne il y a plus de 50 jours en raison d’une absence de solution politique à la question kurde. Le sang et les larmes qui coulent depuis un quart de siècle doivent maintenant s’arrêter, les négociations doivent s’ouvrir pour une résolution pacifique, démocratique et populaire de la question kurde. La principale raison de la grève de la faim, qui aujourd’hui prend une tournure dangereuse avec des conséquences irréversibles pour la santé, est l’impéritie du gouvernement turc à apporter une solution politique à la question kurde. Pourtant la fin de l’isolement imposé à Abdullah Öcalan, qui est un acteur important de la question kurde et leader du PKK et la reconnaissance du droit à la défense dans la langue maternelle peuvent ouvrir la voie à un processus de renégociation et pourraient mettre fin à ces grèves de la faim. Or, le premier ministre Tayyip Erdogan continue de faire la sourde oreille et déclare même publiquement et sans vergogne que seulement une personne est en réalité en grève de la faim. Le premier ministre turc sera ainsi le principal coupable des meurtres en prison. Depuis sa création, notre Fédération croit en la nécessité d’une solution démocratique et populaire du problème kurde. Pour que les jeunes Turcs et Kurdes cessent d’être tués dans cette guerre, que ces prisonniers ne sortent pas des prisons dans les cercueils nous appelons l’opinion publique et les organisations progressistes françaises à être sensible face aux grèves de la faim et à faire pression sur le gouvernement turc.

Fait à Paris, le 02 novembre 2012